Voyager avec un bébé qui pleure : culpabilité inutile ou tolérance collective ?
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Voyager avec un bébé peut rapidement devenir source de stress, non pas pour l’enfant, mais pour ses parents, confrontés aux regards et commentaires des autres passagers. Comme le souligne Raven Smith pour Vogue : « Évidemment, les pleurs d’un bébé ne reflètent en rien la qualité de son éducation ni le soin que lui apportent ses parents. Les nourrissons heureux, choyés, bien nourris et parfaitement normaux pleurent. »
Sur les réseaux sociaux, les réactions ne manquent pas. Sur TikTok, certains réclament un remboursement après un vol perturbé par les pleurs d’un bébé. À l’inverse, d’autres parents font preuve de prévenance en distribuant des excuses manuscrites et des bouchons d’oreilles aux passagers, mais cela révèle surtout la pression sociale exercée sur les familles voyageant avec de jeunes enfants.
Dans la réalité, les bébés pleurent pour mille raisons : faim, fatigue, inconfort ou simplement pour communiquer leur besoin de réconfort. Leur incapacité à s’exprimer par des mots ne doit pas être source de culpabilité pour les parents. L’éducation et la gestion des enfants sont déjà des défis permanents, et voyager avec eux ne devrait pas ajouter un fardeau moral supplémentaire.
La stigmatisation des parents, et notamment des mères, véhicule un message implicite injuste : un enfant bruyant est un échec parental. Or, il est important de rappeler que le silence absolu chez un nourrisson peut même inquiéter les professionnels de santé. Les cris sont une forme de communication et font partie intégrante du développement émotionnel et sensoriel.
Plutôt que de juger, il serait plus constructif d’apprendre à coexister avec ces réalités du quotidien. La tolérance et la patience sont essentielles, tant pour les parents que pour les passagers. Un bébé en pleurs n’est pas un dérangement volontaire, mais un être en train d’explorer et d’exprimer le monde qui l’entoure.
Voyager avec un nourrisson n’est donc ni un crime ni un choix irresponsable. Il s’agit simplement d’accepter que certains aspects de la vie, comme le développement de l’enfant, ne peuvent être contrôlés, et que la bienveillance collective fait partie intégrante d’une société inclusive et humaine.





